RECENSIONI Saison Culturelle 2016-2017

Ma vie de Courgette – Claude Barras

Icare, qui préfère être appelé «Courgette», vit avec sa mère alcoolique. Quand celle-ci meurt accidentellement, il est placé dans un foyer pour enfants. Dans l’établissement, le petit garçon apprend à se faire des amis, qui ont tous connu comme lui une enfance difficile. Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice sympathisent avec Courgette, mais Simon, le rebelle du groupe, tente d’imposer sa loi au garçon. L’arrivée de Camille chamboule une fois de plus la vie du foyer et ne laisse pas Courgette indifférent, même s’il n’ose pas tout de suite l’avouer. Ma vie de courgette est l’adaptation du roman “Autobiographie d’une courgette”.

Le film, réalisé avec la technique du stop-motion, nous emmène dans un orphelinat et nous raconte pas seulement l’histoire de Courgette mais aussi les histoires des autres petits occupants du foyer.A travers ces sept personnages, il aborde avec tact les violences subies par les enfants: maltraitances parentale et sociale, abandon ou décision de justice inique. Des drames, certes, mais qui permettent au réalisateur de mettre en lumière la résistance de l’enfance et sa capacité de reconstruction et renaissance. En faite, le film est caractérisé par cette coexistence d’une ambiance lourde mais au même temps joyeuse: si le réalisateur profite de chaque occasion pour nous rappeler du lieu où se trouvent les enfants et de leurs drames, le film est aussi marqué par une veine humoristique qui permet à Claude Barras de pétrir le malheur pour lui donner la forme, éclatante et joyeuse, de l’espoir. Ce film réussi à émouvoir le spectateur, à l’obliger à réfléchir sur un drame quotidien dont on parle très peu et au même temps à lui donner un sourire parmi les larmes.

Ma vie de Courgette a débuté pendant la 69ème édition du Festival de Cannes en récoltant un grand succès de publique et critique. Il a été nommé aux Golden Globes et aux Oscar comme meilleur film d’animation et il a remporté le prix César dans les catégories Meilleur scénario d’adaptation et Meilleur film d’animation. Même si techniquement nous sommes encore loin des résultats des films américains en stop-motion (rien à voir avec la perfection des films de la Laika par exemple) surtout à cause du budget limité obtenu, le film réussi à pallier ces limites grâce à une réalisation capable et intelligente, trouvant sa place parmi les meilleurs films d’animation de l’année.

di Alessia Gasparella